Chacun d’entre nous résonne avec au moins cinq blessures fondamentales dans des proportions qui dépendent de notre environnement, de notre histoire et de notre identité propre.

La première de ces blessure se met en place dès les premiers jours de notre conception. L’être que nous sommes en train de devenir dans le ventre maternel va avoir à faire l’expérience du monde physique, un monde qui vibre à des fréquences différentes de celui de l’esprit et que certains d’entre nous auront beaucoup de mal à appréhender.

Le foetus fait corps avec sa mère, il ressent au niveau cellulaire tout ce qu’elle peut traverser dans les émotions de la vie quotidienne. Il a pu ressentir une menace, de la part d’une mère qui ne le désire pas ou qui vit tout simplement des moments difficiles. L’accouchement peut avoir été traumatisant pour le bébé. L’enfant peut évoluer dans un environnement réellement violent ou qu’il a jugé comme tel. À chaque fois que l’enfant puis l’adulte aura l’impression de revivre la terreur d’être détruit, tué, annihilé par un « autre » jugé menaçant il pourra résonner avec ce qu’il a vécu comme un traumatisme lors des premiers mois de sa vie. Pour échapper à cette menace nous adoptons des stratégies naturelles que la nature a mise en place chez les animaux: faire le mort, fuir ou se battre…

Chez les personnes qui résonnent avec cette blessure, ce sont souvent les deux premiers comportements qui sont mis en place. La personne qui revit ce trauma aura tendance à se séparer de son corps physique tant qu’il ressent la menace et développer ce que certains auteurs appellent la structure schizoïde.

La fuite, l’évitement, la « gélification » face à ce qui sera jugé comme un danger deviendront des stratégies de défense de plus en plus marquées par la personnalité schizoïde. La menace est au cours de son histoire, de plus en plus associée au monde physique et matériel. Le corps physique, la rencontre avec l’autre, le monde matériel sont vus comme des zones d’inconfort à fuir, à rejeter, desquelles il faut se dissocier à tout prix. Au plus profond de cette blessure, les personnalités schizoïdes traversent la vie comme des fantômes.

Lorsque je passe les services de sécurité dans les aéroports des États-Unis face aux officiers qu’une part de moi-même juge comme menaçants, j’entre dans ma blessure. Je ne comprends pas les questions pourtant simples qui me sont posées, je balbutie, je transpire, tout devient froid en moi et hors de moi, mon corps se réduit à mes yeux qui observent une scène terrorisante et à laquelle je crois ne plus participer. Ce mécanisme de défense déclenche une réponse de défense chez l’officier des douanes, qui s’il résonne avec la quatrième blessure (trahison) devient plus agressif. En quelques secondes l’enfant terrorisé a repris le dessus! Reconnaissez-vous ce genre de comportement dans votre vie face à des situations où vous estimez être en danger? C’est la première blessure qui parle…

La croyance ancrée que le monde physique est une menace, que l’esprit et l’imaginaire sont des lieux de sécurité (comme sur ce dessin), que l’autre vous rejette et ne vous désire pas va amener la « personne schizoïde » à se montrer de plus en plus absente, impalpable, hautaine, souvent « dans la lune » (dans sa tête et bien au-delà). Chez ces personnes , souvent « mal dans leur corps », le corps énergétique, pour ceux qui le perçoivent donne l’impression d’être à côté, ou en haut du corps physique mais jamais complètement « emboîté » dedans. Les yeux sont fuyants, les parties du corps semblent séparées et ne pas se coordonner facilement. Ces personnes peuvent donner l’impression d’être froides, avec un discours parfois difficile à comprendre car extrêmement intellectualisé, rejetantes (elles créent ce qu’elles craignent le plus).

Pour soigner cette blessure, le travail consiste essentiellement à se réapproprier son corps physique comme un espace de sécurité et à se sentir intrinsèquement exister dans un monde matériel relié (aux autres). Le travail sur les blessures demande du temps, de l’amour, de l’engagement car nos vieux schémas défensifs sont profondément ancrés.

Dans les soins que je pratique, la blessure est au centre de mon travail d’accompagnement afin de rendre à celle ou celui qui s’y engage son plein potentiel.

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